Clandestin en Indonésie

Clandestin en Indonésie

30 août 2018 1 Par Émilie & Olivier

Après avoir acheté consciencieusement nos 5 visas à l’arrivée en Indonésie, à l’aéroport de Jakarta, et enchaîné un passage d’immigration sans aucun problème, nous nous rendons compte avec effroi dans l’avion qui nous mène vers la province de Sulawesi qu’un passeport sur les 5 n’a finalement pas son visa, le mien. Comment est-ce possible alors que nous avons transmis les 5 visas à l’officier de l’immigration ? Qui dit pas de visa dit pas d’entrée non plus dans le pays, et dit voyageur clandestin.

En soi, ce n’est pas très grave, comme nous pouvons rester en Indonésie sans visa pendant 30 jours, mais l’embêtant est que notre programme de découvertes de ce grand pays est de plus d’1 mois. Et sans visa délivré à l’arrivée, je devrais quitter le pays au bout de 30 jours maximum. Vous me direz que sans date d’entrée dans le pays, personne ne pourra dire non plus quand tombe la fin des 30 jours, mais c’est également risquer une expulsion pour entrée illégale sur le territoire.

Aussi nous décidons d’attaquer le problème dès notre arrivée en Sulawesi, à Palu, en nous rendant directement au bureau de l’immigration. Le bureau d’immigration vaut à lui seul un chapitre tant il est typique. Autour des 6 officiers, sous-officiers, troupiers et commis du bureau, une machine à coudre trône sur le premier bureau ; au sol, des cartons de gâteaux sont en train d’être fermés (cela semble être la 2e activité du bureau), des enfants courent entre les cartons et 3 femmes qui semblent être les épouses des officiers sont en train de discuter tout en terminant l’emballage des cartons de gâteaux à expédier. 2 tableaux format XXL sont fièrement affichés de part et d’autre de la salle : ce sont les statistiques de demandes d’extensions de visas traitées par ce bureau, en moyenne 30 demandes d’extensions par mois fièrement affichées par l’équipe.

La première approche pour résoudre mon petit problème n’a pas été très concluante, comme ils m’ont demandé de retourner derechef à l’aéroport de Jakarta pour réclamer à l’officier de l’immigration mon visa manquant. En précisant au passage qu’en l’état j’étais en situation illégale et qu’ils pouvaient me saisir et m’expulser…

Après moult palabres, nuances vocales et gestes stylistiques interposés pour expliquer qu’il était hors de question de retourner à Jakarta pour une erreur de leur administration, l’officier en chef accepte enfin d’appeler l’administration de Jakarta et se surprend lui-même à expliquer l’imbroglio dans lequel l’erreur de son collègue l’a plongé. Jakarta lui répond qu’ils vont dépêcher l’officier fautif à Palu par le premier avion, pour corriger son erreur. Dès cette réponse, une lueur s’éclaira dans les yeux de l’officier de Palu : finalement il était bien possible de demander quelque chose à Jakarta, de trouver une solution à ce problème. Il n’en revenait pas, lui qui pensait l’administration de l’immigration comme une boîte étanche à toute demande…

Après constitution du dossier par toute l’équipe – il fallait bien les 6 personnes pour copier les preuves, démarrer l’ordinateur, rédiger le constat, trouver l’e-mail de l’immigration, passer les feuilles, signer, puis relire, approuver, envoyer – nous nous sommes quittés sur des félicitations réciproques, plein d’entrain et bien chargés de gâteaux pour la suite de notre périple…

Le passeport avait son visa et son tampon 2 jours après, alors que nous étions déjà en route pour les îles Togian…