1er badge d’aventuriers pour les enfants

1er badge d’aventuriers pour les enfants

30 août 2018 1 Par Émilie & Olivier

Aller sur les iles Togian, c’est forcement gagner des galons d’aventuriers.

Situées dans la gueule du crocodile de la province de Sulawesi – pour ceux qui visualisent la carte – ces îles se méritent. Depuis Singapour, il nous aura fallu pas moins de 4 jours pour les atteindre, et quelques péripéties au passage.

Alexandre, petit moment de fatigue entre 2 avions…

Pour leur première approche baroude, les enfants auront ainsi enchainé 4H d’avion, 6H d’attente en transit a l’aéroport de Jakarta, complétées par 3H supplémentaires pour le retard de l’avion, de nouveau 4H d’avion vers Palu, capitale de Sulawesi, puis taxi dans le no man’s land a l’arrivée de Palu pour aller enfin dormir chez l’habitant… et quelle nuit ! Une première nuit chez l’habitant sans dormir, à 5 dans 1 lit 2 places, sans climatisation ni ventilateur par 35 degrés, et sur un matelas dont on sentait très fortement l’aigreur du manque de climatisation évacuée par les précédents occupants… ce fut peut-être un peu fort pour une première expérience chez l’habitant pour les enfants, qui n’étaient pas bien en forme le lendemain matin pour repartir a l’immigration résoudre le problème du visa manquant sur mon passeport.

Quelques « immigreries » plus tard, un petit trajet en minivan de 11H, par des routes tortueuses et un trafic des plus improbables nous attend pour compléter avantageusement cette première. Gros plan sur le minivan :

Châssis réparé a maintes reprises, dernières soudures sur le pare-choc avant encore toutes chaudes, la chariotte optimisée en nombre de places klaxonne pour nous indiquer de monter. Un chauffeur débonnaire nous accueille la cigarette fumante aux lèvres, précisément a la perpendiculaire du panneau « Défense de fumer » a l’intérieur du véhicule.

Soudain, alors que nous nous installons confortablement sur des sièges a grosses fleurs roses et violettes, nos tympans se déchirent en deux et hurlent a la mort. En une micro seconde, c’est comme si un avion venait de passer le mur du son a 50 cm de nos oreilles… il nous faut bien 1 minute de mise au point tympanique pour nous rendre compte qu’il s’agit de notre chauffeur, sourire jusqu’aux oreilles, qui vient juste d’allumer ses enceintes traficotées « maison » en une version super mega extra amplifiées, pour notre plus grand confort. Nous comprenons juste après, au démarrage du moteur, que c’est la seule façon de couvrir le ronronnement luciférien des pistons.

En route pour les Togian

Et nous voici en route, les oreilles toutes bourdonnantes, d’attaque sur les premiers virages d’Indonésie. Le minivan n’étant pas plein, la cargaison se complète au fur et a mesure, et Emilie et les 3 enfants se retrouvent bientôt à 4 sur 3 sièges (après une nuit à 5 dans un lit 2 places, on n’était plus dépaysé).

A 4 sur 3 sièges (même pas une banquette)

Je suis a l’arrière – terrible erreur pour le tangage – entre 2 passagères, une étudiante a gauche qui adopte une stratégie de voyage dite de « plume » : elle arrive a n’occuper qu’un-demi siège en position du foetus pendant les 11H de trajet, jusqu’a ressembler a une fine plume qui suit sans effort tous les mouvements, et une dame plus âgée a droite dont la stratégie d’accroche a la chariotte est l’opposée et proche du bernique : les doigts de pieds maxi écartés s’implantent profondément dans les sièges de devant, rendant la structure unique et solidaire dans le moindre mouvement. Bien que fasciné par ces 2 stratégies diamétralement opposées, je n’arrive a adopter ni l’une ni l’autre : d’une part, bien qu’étant très souple, je n’arrive pas a me mettre en position du foetus et tenir sur le siège du minivan, et d’autre part il n’y a plus de place pour accrocher ses doigts de pieds sur les sièges devant. Alors j’adopte une 3e stratégie d’accroche, dite de « l’araignée » : les quatre membres agrippant le plus loin possible les poignées accessibles.

Inès, Ulysse et Alexandre sont littéralement scotchés aux vitres, pas seulement à cause de la gravité, mais aussi parce qu’ils s’émerveillent de toute chose dehors : les animaux, les gens, les maisons et la route/piste. Tout leur paraît fascinant.

Virage après virage, décibel après décibel, accroche après accroche, la chariotte avale mètre après mètre sans broncher, jusqu’à ce qu’il n’y ait littéralement plus de jus. Panne d’essence… dans une descente – la chance – … le chauffeur laisse filer quelques minutes jusqu’a ce que le véhicule n’avance plus du tout. Coïncidence, mais peut-être pas après tout, dans la petite échoppe sur le coté se trouve quelques bidons d’essence. S’ensuit en quelques mouvements : disposition sur une chaise en hauteur, pompage a la bouche, et déversement du contenu dans le réservoir par gravité. Et c’est reparti !… toujours sans jauge d’essence, donc surprise au prochain arrêt…

Et pour clore le tout, une petite traversée de 3H en bateau local, avec le moteur d’avant-guerre vrombissant de ses 200 décibels, idéalement placé a 2 mètres des oreilles,  pour rejoindre enfin la première des îles Togian : Poya Lisa Island.

Après ce trajet, nous avons décerné, avec félicitations du jury, le 1er badge d’aventuriers bien mérité a nos petits, qui étaient toujours partants pour continuer l’aventure !